Abandonné dans les rues de Tana : Renaud Gensane devient le musicien de Christophe Maé

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Abandonné au berceau par ses parents, on n’aurait pas parié un sou sur son avenir. Aujourd’hui pourtant, Renaud Gensane est sous les feux des projecteurs, vit de sa passion pour la musique et partage la scène avec Christophe Maé. La rencontre avec ce trompettiste hors pair s’apparente à un voyage à travers le temps. Et si ce n’est pas un conte de fée, ça y ressemble…  

Né le 27 mars 1988 à Antananarivo de parents malgaches, Renaud Gensane a été abandonné par ses parents biologiques pour cause de misère: ils seraient « quat’mi » (sans domicile fixe). Il a ensuite été placé dans un orphelinat.

A 18 mois, un couple franco-malgache décide de l’adopter. Alors qu’il n’a pas encore conscience de son histoire, il s’envole pour l’Hexagone sous les ailes d’un papa adoptif français et d’une maman adoptive malgache. 

Acte d’état civil malgache

Ses parents ont toujours été francs et ne lui ont rien caché de son histoire et de sa véritable identité. «  C’était vers mes 5 ou 6 ans, que mes parents m’ont parlé de mon passé, je n’ai donc pas de réel souvenir. Pour certains enfants, savoir qu’ils ont été adoptés peut entraîner un certain choc, ce qui n’a pas été le cas pour moi », avoue-t-il avec un petit sourire au coin des lèvres. 

Il possède un acte d’état civil malgache qu’il conserve précieusement. On y trouve les noms de ses parents biologiques et surtout son nom malgache: Honoré Rakotomalala. Malgré tout, il n’éprouve pas le besoin de rencontrer son père et sa mère biologiques. « Je crois que je ne saurais même pas quoi leur dire si je me retrouvais face à eux. Malgré tout, je ne peux  pas leur en vouloir parce que je suppose qu’ils avaient leurs raisons. Pour moi d’ailleurs, mes vrais parents sont ceux qui m’ont élevés, ceux qui m’ont entouré, et qui se sont occupés de moi. », confie-t-il. 

Bien qu’ayant été élevé en France, Renaud Gensane a toujours senti en lui cette appartenance à la société et à la culture malgache. A 26 ans, c’est la cinquième fois qu’il vient dans la Grande Île. Sa première impression de l’époque, et qui perdure jusqu’ici, est que finalement, tout lui est familier. 

Enfance entourée d’instruments de musique

Avec des parents adoptifs amateurs de musique, sont enfance a été entourée d’instruments. Son dévolu s’est jeté sur  la batterie dans un premier temps, et il intègre même le Conservatoire, à Perpignan. Ce n’est qu’à 11 ans qu’il troque la grosse caisse et les cymbales pour la trompette. Aujourd’hui, cela fait 15 ans qu’il en joue.

C’est suite à une audition que Renaud Gensane été repéré par Christophe Maé, qui n’a pas hésité à lui proposer d’intégrer son groupe. Depuis Juin 2013 jusqu’à maintenant donc, le jeune homme accompagne ce grand monsieur de la chanson française actuelle sur toutes les scènes et l’aventure continue, au moins jusqu’à la fin de l’actuelle tournée. Il n’est pas le seul Malgache de l’équipe de Christophe Maé parce qu’on y retrouve également l’accordéoniste Régis Gizavo, et au clavier, le passage d’un digne descendant de Naly Rakotofiringa, Hervé Rakotofiringa, qui collabore régulièrement avec TF1 et à qui on doit le générique de « La Vérité Si Je Mens 3».

Ceci dit, avant d’intégrer le groupe de Christophe Maé, Renaud a déjà sorti un album solo aux accents malgaches, « Hapa Lémur », qu’il a préparé entre 2011 et 2012. Il est en quête de concert, pense a faire une tournée avec d’autres artistes, et peut-être une éventuelle collaboration avec M. Pokora ! 

Lors de son dernier passage à Madagascar, qui au départ était prévu pour de simples vacances, il en a profité pour venir en aide aux enfants de l’Orphelinat Saint Paul, à Ambohibao, dans la banlieue d’Antananarivo. Renaud Gensane a donné un concert dont les bénéfices ont été versés aux profits des 19 enfants de cet établissement. « J’aurais pu être un de ces enfants. D’autant plus que les enfants de l’orphelinat apprennent la musique », explique-t-il pensif. 

Lors de son premier retour à Madagascar, il y a quelques années, ses parents adoptifs lui ont offert une petite sœur : une jumelle abandonnée à Mananjary. « Elle n’est pas comme moi. Le fait qu’elle soit jumelle la perturbe un peu car son alter ego est encore quelque part ». Une autre histoire à suivre.