Afro-optimiste : Harinjaka Ratozamanana parmi les 100 leaders africains de demain

« Fier d’être malgache dans un monde globalisé ». C’est ainsi que se définit Harinjaka Ratozamanana, directeur exécutif de Habaka. A 34 ans, il  fait partie des 100 jeunes leaders africains de demain, selon le classement de l’Institut Choiseul.

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En jetant un œil sur le parcours de Harinjaka Ratozamanana, on se rend vite compte que l’on est face à quelqu’un d’exceptionnel qui a su apprendre de tous ses nombreux voyages et formations. Il commence ses études primaires à Pékin temps béni du Socialisme. Sa famille revient au pays avant la modernisation de la Chine et il poursuit ses études chez les catholiques. « Mon plus beau souvenir était mes années au collège  Saint François Xavier Fianarantsoa, ma ville d’origine ». Ses années lycée, il les passe à Marseille où il obtient le bac avec mention. Il décide alors de prendre des cours d’anglais dans un établissement qui se trouvait à Oxford Street, « en croyant qu’il était à l’Oxford University », à Londres.

Il suivit ensuite une classe préparatoire pendant un an à Milton Keynes. « Les frais de scolarité et les coûts de la vie étant trop chers en Angleterre, j’ai dû retourner en France et m’inscrire presque gratuitement à la Fac d’Aix-Marseille pour y étudier le droit et la Science Politique puis à l’Université de Provence où j’ai étudié la communication et les Sciences du Langage. C’est là que j’ai rencontré un éminent Professeur, Jean Veronis, un gourou du web français,  qui m’a fait découvrir sa passion pour les blogs et les nouveaux médias ».

Habaka est justement née de la volonté d’une dizaine de bloggeurs, activistes, passionnés du web suite à un besoin d’avoir un espace physique pour se retrouver et échanger autour de cette passion.  « Nous avons eu le soutien du CIDST (Centre d’Information et de Documentation Scientifique et Technique), première organisation à avoir cru en nous. Le CIDST a mis à notre disposition ses locaux de 300 m2 et nous y sommes basés depuis maintenant trois ans.  Le centre nous soutient dans nos besoins en connexion Internet et autres ressources qu’ils peuvent mettre à disposition… Aujourd’hui  le CIDST est le partenaire privilégié de Habaka avec qui nous rêvons de bâtir à Tsimbazaza, sur 3000 m2 la Silicon Island, le parc IT en face du parc botanique et Zoologique ».

Harinjaka Ratozamanana voit grand et ses ambitions l’ont déjà mené loin. Dès  2007, il faisait partie de la liste des 100 africains pressentis pour jouer un rôle important en Afrique. « J’avais  obtenu ma première bourse TED – Technologie Entertainment and Design offerte par Google et AMD . C’était un tournant de ma vie. C’était aussi la première fois que je représentais Madagascar.».

En 2009, il a été effectivement sélectionné pour faire partie de la liste des 40 premiers TED fellow sur 850 candidatures à travers le monde grâce à un projet environnemental validé par une grande institution japonaise. « Jusqu’à aujourd’hui je suis le seul TED fellow d’origine  malgache et peut être le seul Malgache  à avoir assisté à une conférence TED. Le prix de l’adhésion à une conférence est à peu près de  10 000 $US et même si on a l’argent ce n’est pas toujours évident. Grace au fellowship,  j’ai pu assister à des TED qui ont eu lieu en Tanzanie, en Californie, Oxford, Vancouver … Nous étions au Qatar aussi ».

Chaque année, il est invité au « re :publica » la plus grande conférence sur le digital en Europe pour le compte de Habaka. Ses voyages portent surtout sur des rencontres autour de la technologie pour le développement (ICT4D). « Je voyage beaucoup et j’adore ça.  J’apprends beaucoup lors de ces conférences, en même temps j’ai la chance de côtoyer des personnalités extraordinaires ». Cette année, il était au congrès du Global Entrepreunership à Moscou. Durant ce congrès, il a pu rencontrer les meilleurs start-ups du moment et des entrepreneurs venant de 140 pays. « Nous étions surpris de savoir qu’il y avait 3000 milliardaires en Russie et la plupart était parmi nous pendant ce congrès ».

En faisant partie du classement Choiseul, Harinjaka Ratozamanana ajoute une étoile à son palmarès. Questionné sur l’impact que cela pourrait avoir sur ses activités, il demeure réaliste : « Je rencontrerai plus de monde et  j’espère rencontrer des  décideurs à Madagascar qui s’intéresseront  et  prendrons du temps pour écouter nos idées et pourquoi pas devenir partenaire de nos projets ? ».

Afro-optimiste, Harinjaka croit fermement au développement de Madagascar. Pour réussir, « il faut travailler dur et l’argent gagné doit être dignement le fruit du travail ».