Agnès Raharolahy : une Malgache championne d’Europe d’athlétisme

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Elle est née à Alençon et  porte les couleurs de l’équipe de France d’athlétisme, mais son nom ne fait de doute : cette fille-là a quelque chose de Madagascar. Agnès Raharolahy vient d’être sacrée championne d’Europe d’athlétisme, dimanche à Zürich (Suisse), sur 4×400 mètres dames. 

On discutera longtemps sous les chaumières de la malgachéité d’Agnès. Mais son nom de famille ne laisse pas de doute sur son origine. Et même si, à l’arrivée, elle porte le drapeau français avec ses coéquipières de l’équipe de France, quelque part elle porte haut le flambeau de la diaspora malgache car on ne peut rester insensible en lisant sur son dossard la mention « Raharolahy ». 

Née le 7 novembre 1992, Agnès Raharolahy est issue d’une famille d’athlètes. « Dans ma famille, toue le monde ou presque pratique la gymnastique : ma mère et mes sœurs entraînent, mon petit frère a intégré le pôle France d’Antibes… », confie-t-elle. 

Malgré tout, elle ne se sentait pas une âme d’athlète. « Je n’étais vraiment pas faite pour cela ! Vers 13 ans, mes parents m’ont donc inscrite à l’Athletic Club de la Chapelle-sur-Erdre. Au début, je pleurais pour ne pas aller à l’entraînement. Dès qu’il pleuvait, je trouvais une excuse. Et puis, il y a 7 ans, le déclic est venu. Je me suis rendu compte que j’avais peut-être une carte à jouer, alors j’ai commencé à travailler réellement ».

Depuis, elle n’arrête pas de progresser. En 2013, elle remporte la médaille de bronze du relais 4×400 mètres lors des Championnats d’Europe espoirs de Tampere, en Finlande. Puis, elle s’adjuge une autre médaille de bronze, sur 400 mètres, aux Jeux méditerranéens, à Mesin, en Turquie, avec un record personnel, 52s 20. Enfin, avant le sacre de Zürich, elle a déjà gagné la médaille de bronze du Championnat d’Europe par équipe à Brunswick,  cette année même, sur 4×400 mètres. 

Quel est son secret ? « En athlétisme, les qualités intrinsèques ne suffisent pas. Et contrairement à la plupart des spécialistes du 400 mètres, j’ai plus un profil de coureuse de 800 mètres que de 200 mètres : l’endurance, le mental ou le cardio font partie de mes points forts, mais je dois encore travailler la vitesse pure. J’enchaîne donc 6 à 7 entraînements de 2 heures par semaines… ». 

Tout le mal qu’on lui souhaite est de connaître une réussite ascendante. Et pourquoi pas le podium des Jeux olympiques ? « Les Jeux olympiques de Rio en 2016 font partie de mes objectifs, sur le relais ou en individuel en fonction de mes performances, mais je n’aurai que 24 ans. J’aurai encore largement le temps de progresser en vue des Jeux suivants car le 400 mètres est une course pour laquelle il faut de l’expérience. Courir 400 mètres n’est pas inné : soit on part lentement, au risque de rester dans un faux rythme dont il est difficile de s’extraire en fin de course, soit on part trop vite et on craque. Toutes mes années d’athlétisme me permettent d’accumuler de la technique, de la confiance, de l’expérience et je me sens progresser de plus en plus ».