Air Madagascar et son autre aile plombée

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Entre déni de justice et justice impuissante, l’affaire Air Madagascar serait-elle tout simplement « une affaire Rado Rabarilala » ? Soufflez dessus pour dépoussiérer et vous ne verrez plus que l’expression d’un égocentrisme démesuré qu’on ne veut reconnaitre ou plutôt que l’on cherche à cacher. Dans d’ultimes gesticulations, cet ex-employé se pare d’une dimension qui dépasse de loin la sienne, se pose en martyr par rapport au millier d’autres victimes de ses turpitudes. Il aurait suffi de crier sur les toits au bon moment : sortie d’une période de transition politique, balbutiement d’une reprise mal engagée, mainmise d’une poignée de « responsables irréfléchis » aux commandes de la compagnie qui joue son va tout et le tour est joué. Notre jeune pilote se trouve sous les feux de l’actualité avec l’appui de quelques dizaines de collègues dont l’incompréhension leur mène dans un cul de sac non souhaité. Une situation qui profite en même temps à d’autres syndicats nationaux en perte de vitesse.

Toutes les grèves et menaces de grèves syndicales actuelles sont engagées aux profits de mouvements corporatistes qui n’augurent rien d’autre qu’une éternelle crise politico-économique. Fidèles au rendez-vous, des dirigeants de partis politiques et syndicaux en mal de considération finissent par sauter dans le train et annoncer la couleur d’un dessein inavouable. La compagnie aérienne nationale a continuellement été en perte de vitesse et donc d’altitude depuis pas mal de temps, comme pendant la transition où nos « héros orange » imposaient les deux appareils Airbus A340 non adaptés à une exploitation rationnelle de la flotte. Seulement, à cette époque, les maîtres grévistes n’ont pas bougé pour éviter le début d’une série de conséquences catastrophiques. Ce n’est qu’au moment où « l’avion commença à piquer du nez » que notre téméraire pilote rejetait sans scrupule toutes les responsabilités sur les autres ! Dans quel but ?

Comme si cela ne suffisait pas, maître renard engagea une ultime épreuve, celle de la roulette russe, pour le malheur certain de tous les employés. Ainsi d’une pierre deux coups, le monde économique malgache ne serait pas épargné par un séisme dont il ne se relèverait pas de sitôt. Rado Rabarilala s’est endossé la veste du gréviste syndiqué, capable de lever un mouvement national. Alors que sur le papier, il ne s’adresse même pas à ses soit disant bourreaux. Son affaire l’oppose en réalité au Tribunal administratif, et non à Air Madagascar directement, dont quelques employés frustrés le suivent dans cette nouvelle aventure finalement trop peu connue du public.