Alain Ramaroson – Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de la rage.

Tout de suite le pire, tout de suite les grands mots, tout de suite, les grands moyens. Alain Ramaroson fait peur, car il incarne l’histoire et symbolise nos politiciens quand l’atmosphère sent la fin de règne. C’est bien ce que le bien nommé « enfant terrible d’Antananarivo » a bien compris et le pousse à l’acte. Il menace le régime d’une Grande marche, il gagne les palmes du martyr et ranime les flammèches d’un audimat souffreteux pour cause d’une trop longue traversée du désert. Alain Ramaroson a tout fait pour se faire arrêter. Il se fait arrêter et du coup, ridiculise le pouvoir comme d’un régime qui a peur de son ombre. Comme tout bien mal acquis, le pouvoir est éminemment anxiogène et génère immanquablement sa propre destruction. C’est pour cela que les dictatures ne peuvent finir que dans les poubelles de l’histoire. Voilà pourquoi, la démocratie est le meilleur système pour gérer toute communauté humaine qui, comme le qualifie si bien l’adage, est composée d’un mélimélo de bien et de mal. La démocratie, quand elle est devenue une culture vécue, permet aux contraires de s’annihiler et de contribuer par la force de la diversité à permettre le mieux vivre ensemble. La peur est mauvaise conseillère. L’affaire de la Grande marche brandie par le sieur Alain Ramaroson le prouve. Un pouvoir sûr de son pouvoir et de sa légitimité aurait laissé filer l’initiative d’une Grande marche et non attiser des brindilles qui ne demandent qu’à s’étouffer et s’éteindre de leur belle mort. La rue manquait d’un détonateur, le pouvoir vient de lui en offrir un très très long et qui plus est, tout à fait inutile en l’occurrence.

A quelle grande marche pourrait-on s’attendre quand le souvenir des morts du 7 février 2009 devant le grilles du palais d’’Ambohitsorohitra est encore frais dans les mémoires. Comme ceux du 10 août 1991 sur la route du palais d’Iavoloha ou les morts anonymes de nos crises. Quelle Grande marche aurait réussi contre le malvivre quand le coût de la vie atteint des sommets et que la malbouffe devient une habitude de vie. Alain Ramaroson n’aura donc fait qu’agiter des fantômes et des épouvantails et réussi son coup. Hery Rajaonarimampianina aurait laissé courir qu’il aurait pu applaudir au flop d’une grande marche ratée. Il n’y aurait même pas de quoi se gargariser de grands mots, comme le respect de la loi quand on laisse soi-même les trafiquants de bois de rose sévir en toute impunité par une inertie complice. Le président aurait fait l’économie du ridicule quand toute la première année de son premier mandat n’aura été tout le contraire de son grandiose discours d’investiture sur la lutte contre la corruption et la mise en place de la bonne gouvernance. On peut dire tout ce qu’on veut d’Alain Ramaroson, de ses tares, de ses turpitudes etcetera, on ne le remerciera jamais assez d’avoir étalé sur la place publique, la faiblesse et la fragilité d’un État qui n’en n’est plus un. Quand le président de la république contre les tentatives de déstabilisation, il n’y a pas meilleur aveu de faiblesse et d’impuissance. Aux dernières nouvelles, Marc Ravalomanana aurait porté plainte contre Alain Ramaroson sur une affaire de vieille voiture. Echangée, achetée ou volée ? On l’a déjà dit, quand on veut noyer son chien, on l’accuse de la rage.