Amboasary Atsimo : 50 morts et une guerre civile en démarrage

Amboasary Atsimo

Le bilan fait état d’une cinquantaine de morts. La rancune mutuelle entre deux villages dans l’extrême sud de Madagascar était en ébullition, jusqu’à atteindre l’explosion cette semaine.

Une source sur place affirme que les dégâts corporels dans les deux camps dépasse pourtant les 50. A l’heure où l’on parle, les deux villages s’entretuent toujours. Les forces de l’ordre semblent impuissants. Les deux villages font preuve d’agressivité, il n’y a pas de faible à protéger.

Répétitif

L’histoire aurait commencé par un vol de bovidé dans le village d’Andranondambo. « Les villageois ont procédé à un pistage. Et comme les autres fois, ils ont retrouvé leurs zébus à Ambatotsivala. Ca a fait exploser la poudrière », raconte notre source.

Alors que chacun de ces animaux portent des signes distinctifs, les habitants du village où ont été retrouvés les bovidés refuseraient d’admettre que ces zébus ne leur appartiennent pas. Un jeune homme d’Ambatotsivala a été tué pendant la dispute.

« Ils ont riposté par une attaque au front, c’est ce qui a causé la mort de six personnes au début. Depuis, ils s’attaquent les uns contre les autres. Chaque affrontement provoque des dégâts corporels », narre encore notre source. Le massacre a commencé par faire 10 morts, puis 15, puis 21, jusqu’au bilan actuel de 50.

Des milliers de réfugiés

Pas moins de 3 000 personnes ont fuit leur habitation. « Certains ont pris le taxi-brousse, les autres ont fuit leur village à pied », rapporte la source locale. Les habitants se sont livré à une guerre sans merci, il n’y plus de considération : femmes, enfants ou handicapés, tous sont tués sans distinction.

Des cases ont été incendiées. « C’est une haine mutuelle qui existe depuis des années mais qu’on a essayé d’étouffer. Aujourd’hui, elle est à son summum », déclarent les forces de l’ordre, sans parler de moyens de prévention qu’ils auraient pu entamer.

L’autorité dans la localité a mis à disposition des réfugiés des tentes et de la nourriture. Pour la Gendarmerie, l’heure est de procéder à un dialogue entre les deux camps, et de jouer le rôle de médiateur. « Ce problème ne se résoudra pas par la force, mieux vaut discuter avec eux et essayer de trouver une entente afin de réconcilier les deux villages », estime la Gendarmerie sur place.