Cyrille Cornu à la rencontre des baobabs

Baobab entre terre et mer

 

« Baobabs entre terre et mer ». C’est le titre du film documentaire de Cyrille Cornu, biogéographe. Ce naturaliste et chercheur rattaché au Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (Cirad) organise des expéditions uniques en leur genre pour étudier les baobabs! Entrevue.

« Baobabs entre terre et mer, pourquoi avoir choisi ce titre ?

Le film relate une expédition scientifique qui date de juin 2013. Nous sommes partis avec un collègue, Wilfrid Ramahafaly, explorer en pirogue à balancier la côte ouest malgache entre Tuléar et Morondava pour étudier les baobabs de cette partie de l’île. J’ai choisi ce titre en référence à notre voyage entre terre et mer.

Vous avez reçu de nombreux compliments et félicitations du public lors de la projection du film à l’Institut Français de Madagascar jeudi 23 octobre. Est-ce que regarder le film peut remplacer le fait de voir des baobabs en vrai ?

« Baobabs entre Terre et Mer » a été très apprécié lors de sa première projection en public. J’en suis très heureux ! Le documentaire présente des baobabs et paysages qui n’avaient pour la plupart jamais été filmés ni même photographiés. Il apporte un éclairage nouveau sur le sujet et remet en causes pas mal d’idées reçues. A ce titre, il devrait intéresser les amateurs de baobabs. Il ne remplace tout de même pas un contact authentique avec ces êtres puissants et mystérieux.

Comment êtes-vous arrivé à réaliser un film documentaire ?

Nous explorons l’île depuis quatre ans. Chaque voyage réserve son lot de découvertes et de rencontres merveilleuses. J’avais depuis longtemps la tentation de partager en images nos aventures avec le plus grand nombre. C’est chose faite avec « Baobabs entre Terre et Mer ». Cela aura nécessité l’apprentissage de nombreuses techniques et environ 200 heures de travail. Mais peut-on parler de travail avec un sujet si passionnant.

Pourquoi se focaliser sur les baobabs ?

Depuis mon plus jeune âge, je m’intéresse à la nature, aux arbres, aux forêts. J’ai rencontré les baobabs au Sénégal alors que je n’étais âgé que de 10 ans. Je n’ai retrouvé les géants que de nombreuses années plus tard lors d’un séjour à Madagascar en 2009. Ce sont des êtres fascinants ! Tellement fascinants que je me suis installé à Antananarivo depuis 4 ans pour les étudier.

Que vouliez-vous montrer dans ce film ?

Le documentaire montre en images notre expédition, nos découvertes, nos rencontres. Il dévoile une partie de l’île hors des sentiers battus. Il a pour objectif de faire connaître les baobabs et nos recherches. Il aborde le problème complexe de la déforestation à Madagascar et son impact sur les baobabs.

Quelle suite réservez-vous pour ce film ?

Dans les prochains mois, le film sera projeté dans les Alliances Françaises de Majunga, Nosy Be et Diego Suarez. Je finalise actuellement une version anglaise pour l’inscrire dans des festivals internationaux et le faire connaître à l’étranger.

Avez-vous d’autres projets de films documentaires à réaliser dans la Grande Ile ?

Je prépare un second documentaire sur le fleuve Mangoky et ses baobabs. En mai dernier, nous sommes partis étudier cette partie isolée de l’île en pirogue. Le film devrait sortir au deuxième semestre 2015. En novembre prochain, nous partons pour une huitième expédition par voie de mer qui nous mènera de Majunga à Nosy Hara dans l’extrême Nord à la recherche des deux espèces les plus rares. De nouvelles aventures scientifiques que je filmerai.