Lalao Ravalomanana plonge en service commandé

Alignée  par Marc  Ravalomanana,  son mari, Lalao a failli devenir présidente de la république en 2013. Une deuxième fois alignée, l’ex-première dame descend  pour de bon dans l’arène et vise  l’hôtel de ville d’Antananarivo. C’est une mission de trop. Pour les farouches détracteurs de son mari, «  une »  clone vaut toujours  l’original.

En 2013, en pleine  guerre du Ni…Ni pour la présidentielle, Lalao Ravalomanana, icône de substitution d’un mari frappé d’interdit, a figuré dans le trio de tête de la liste noire de la communauté internationale. Il n’y a pas de quoi se faire un sang d’encre.  Lalao n’est tout de même pas une Florence Gbagbo, traînée devant le tribunal pénal international avec  son mari, Laurent, et condamnée pour le sang versé lors de la crise ivoirienne. Néanmoins, on peut comprendre toutes les craintes.

Lalao Ravalomanana  à l’Hôtel de ville signe non un changement de fond pour la capitale, mais le début d’une restauration. Poussée une première fois par son mari, elle a raté la marche de la présidentielle, en 2013. Deux ans après, voilà que l’ancienne première dame veut  se rattraper avec la mairie de la capitale, toujours poussée par son seigneur et maître. 

L’hôtel de ville, c’est le tremplin pour le palais présidentiel. Le couple a déjà vécu une expérience réussie du coup, suivi par Andry Rajoelina soit-dit en passant. Mais cette année, ce ne sera certainement plus, le retour à l’ordre constitutionnel comme enjeu, mais un retour en arrière. Comme si le mouvement de 2009 n’a jamais existé.

La dame n’a pas peur des sanctions internationales. Le système du chef de famille fonctionne sur les principes de l’opacité, du cloisonnement ou de la délocalisation, comme tout empire financier, même ou surtout de type mafieux. D’où pourraient provenir les milliards des fonds de campagne de Lalao ? Avant même l’éventualité d’une chute prochaine, le mari en hommes d’affaires avisé, a déjà pris des précautions pour se prévenir des yeux trop curieux dans les livres de Tiko. Il vide ses comptes en banque et l’incendie des bureaux de Tiko à Tanjombato, est plus que suspecte.

Que peut bien cacher la famille Ravalomanana ? Après plus de quatre années de discrétion digne d’une femme de bonne famille, et en un peu moins d’un an, l’épouse de Marc Ravalomanana gagne subitement l’envergure d’une autorité politique d’exception, dans le blocage du processus de sortie de crise.

Il n’y a peut-être que l’amour conjugal pour être le plus fort mobile qui puisse transformer une « neny » (maman.dans son acception malgache la plus tendre et la plus affectueuse) en une pasionaria politique tous crocs dehors. Mais, le développement fulgurant et fabuleux de la yaourterie familiale pourrait aussi avoir  inspiré  un rêve dynastique.

A travers son mari, la griserie de la toute-puissance financière puis politique aurait pu la contaminer. Quand elle endosse la casaque de candidate à la présidentielle, il s’agira d’une affaire de succession non d’une simple substitution. « Dada ihany no neny, Neny ihany no dada ! Papa, c’est maman, Maman c’est papaa ! C’est du pareil au même », proclamait Marc Ravalomanana.

Le danger d’une Lalao Ravalomanana n’est pas son mari, mais le retour de l’arnaque et du pillage institutionnalisé. Là se situent principalement, les craintes de la communauté internationale sur la vérité des urnes, le respect de la sincérité des votes etc. Bien avant le scrutin, les communales font déjà le buzz. La mafia financière se double toujours d’une mafia électorale pour jouer dans l’infantilisation, la manipulation ou la corruption. Il  reste à espérer que la « femme bien sous tous les rapports », n’agisse pas en service commandé