Le groupe Mauricien CMT Ltd va exploiter 450km2 à Fort Dauphin

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François Woo Shing Hai, Directeur Général de CMT Ltd, compagnie mauricienne de textile au chiffre d’affaire de 200 millions de dollars (1.2 milliards Rs de profits en 2011), annonce la réactivation de ses usines sur la Grande Ile, suite à un agrément du Ministère de l’Industrie. Le géant mauricien compte donc re-ouvrir la « Compagnie Malagasy de Textile » , et le projet est d’envergure : 60 nouvelles chaines de production de confection, élargissement de l’ancien bâtiment de 200 000m2 et construction d’un nouveau bâtiment de 300 000m2 huit kilomètres plus loin pour accueillir 86 chaînes de production additionnelles. Coût total des investissements : 20 millions de dollars US et une promesse de 10 000 emplois crées.

Après s’être « brûlé les ailes » à Madagascar, la CMT revient donc confiante, donnant encore sa chance au potentiel de la main d’oeuvre africaine, malgré un autre coup d’essai raté au Sénégal. D’après une interview de François Woo Shing Hai, la stratégie n’est pas de délocaliser la production mais d’ « implanter une extension à l’étranger ». Pour lui « au lieu de faire venir une forte main-d’œuvre étrangère, nous irons (…) dans leur pays pour les faire travailler. Tout l’encadrement de la production resterait cependant à Maurice. » Ils disposent d’ailleurs déjà d’une unité au Bangladesh qui emploie 2 000 personnes, et font venir des ouvriers Bengladeshi à Maurice.

La ZES de Fort Dauphin

La Zone Economique Spéciale (Zes) dans la région de Fort Dauphin est une initiative du gouvernement malgache dans la vision Madagascar Grenier de l’Océan Indien. Cette zone promet des avantages fiscaux et fonciers aux investisseurs (jusqu’ici, surtout mauriciens) souhaitant s’implanter ou se ré-implanter à Madagascar. C’est ainsi que 450m2 ont été alloués à la société CMT Ltd et que la société Origins, filiale du groupe Socota, annonce son projet d’investir 10 millions de dollars US dans un « Projet Economique de grande envergure axé sur l’agrobusiness et les NTIC ».

Bien que le gouvernement assure que toutes les entreprises, locales ou internationales, s’implantant dans cette zone bénéficient du même traitement et des mêmes avantages, de mauvais souvenirs restent toujours vivaces du côté malgache. Une amertume alimentée par une croissance à deux vitesses au profit de l’île Maurice depuis plusieurs années : perte des droits malgaches sur la fabrication du Papier Antemoro, délocalisation du groupe Socota à l’Ile Maurice dans les années 90, avantages fiscaux aux produits mauriciens ayant fait baisser l’attractivité des entreprises malgaches pour ne citer que le cas de la Savonnerie Tropicale.

Un passif encore dur à avaler malgré les paroles de Hery Rajaonarimampianina qui assure que « tous les signaux aujourd’hui sont au vert pour redynamiser les relations entre les deux pays » et du Premier ministre qui annonce que « la croissance de Maurice est liée avec le développement de Madagascar ».

D’un autre côté, les pertes graduelles des recettes douanières de 9,3% après 10 ans d’application vont bientôt culminer à 21,8%, et on enregistre un gap de 46 milliards sur les recettes fiscales. Pour combler ce gap avec des taux affaiblis, le gouvernement n’aura d’autre choix que de tabler sur le volume : attirer encore plus d’investisseurs grâce à des tarifs avantageux (voir sacrifiés) pour espérer des rentrées d’argents moins conséquentes, mais plus récurrentes. Et ce bien sûr, si l’on s’en tient à un schéma qui ne tient pas compte des circuits informels de corruption sachant que Madagascar est classé 133è sur 175 sur le classement de Transparency International.

Enjeux politiques 

La Zes, vivement critiquée, entraîne encore plus de  division en haut lieu. On commence déjà à citer l’article 45 de la Constitution stipulant que le Président de la République est « garant (…) de l’indépendance nationale et de l’intégrité territoriale », pour alimenter les mouvements d’opposition, remettant sur le tapis le souvenir de l’affaire Daewoo qui a contribué à la chute de Ravalomanana. Dans un contexte politique et social tendu, la récupération politique n’en sera qu’amplifiée et l’on s’attend à ce que d’autres dossiers de favoritisme et nationalistes ressortent : l’affaire Navaz Moulou, liberé de prison en 3 heures sur intervention des conseillers de la Présidence, le mutisme de la Présidence quant aux dossiers du bois de rose et des Iles Eparses, etc… autant de cas qui nourrissent les arguments des détracteurs et menacent la stabilité politique.

Si Madagascar n’est qu’un élément de la chaîne de valeur des entreprises étrangères comme la CMT, le gouvernement malgache, lui, manque peut-être encore d’expertise en ce qui concerne la gestion de son poids politique qui est sa seule arme.

S. Antonio

 

  • NR

    Fahefana inona moa no ananan’ity filoha ity manome vahiny, velaran-tany 450KM², tsy misy dinidinika @ tompon-tany sy ny fiarahamonim-pirenena, ary tsy mandalo parlemanta? Fa dia karazan’olona toy inona ity filoha ity no tsy menatra mamarotra tanindrazana toa izao?

    • rakotoson

      Mby aiza ny vola azony avy amin’ izao afera afera izao ? Fa izao mimenomenona lava izao  » Tsy misy vola ny kitapom-bolam – panjakana  » raha ny MAITRE – FRAM , ny AGENTS PENITENCIERS, NY BOURSIERS MALAGASY ANY SHINA , ny ambassady malagasy any Washington dia notapahina ny jiro sy rano fa tsy voahan’ i Attalah Bea ny faktiora volana maromaro izao .Mahemanatra.