Mahafaly Olivier n’a plus de quoi sourire

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En refusant de prêter une oreille conciliante aux démarches rassurantes du  nouveau patron du ministère de la Justice en direction des grévistes de toutes les juridictions de l’île, le syndicat des greffiers entend ne pas céder à la pression de leur autorité hiérarchique. Le ton cassant d’un meneur qui affirme à la presse que même si en haut lieu on envisage de recourir à «  réquisition… », la réponse est sans équivoque : les proches collaborateurs des juges oppose une récusation unanime.

Une telle solidarité de la part des fonctionnaires liés par leur serment à des obligations très particulières vis-à-vis de leurs supérieurs n’est pas sans inquiéter tout le pouvoir central. L’exemple risque de faire tache d’huile en une période où les contestations poussent presque dans tous les secteurs des services publics. Si les services pénitentiaires semblent accepter du bout des lèvres la main tendue par l’administration, parmi les enseignants on envisage d’ores et déjà de durcir la position de solliciteurs adoptée depuis. Une menace de débrayage général circule déjà dans les établissements scolaires  où tous les frustrés des demi-mesures avancées par le régime sont loin de rassurer les éducateurs qui, plus que jamais se considèrent comme des laissés pour compte. Alors qu’autour d’eux, les nouveaux barons du régime ne cachent leur opulence, cet état des chose est devenu depuis quelques années le ferment d’une fureur à peine retenue et excitée par une opposition qui se met en mouvement lentement mais sûrement en ordre dispersé.

Détonateurs à mèche lente, les dossiers de contentieux des agents d’AIR MAD qui choisissent désormais de manifester au  siège de la compagnie aérienne à Analakely, les bouderies des exploitants des transports urbains, l’irritation tournante dans les quartiers de la capitale sous les coupures d’électricité quasi quotidiennes et les carences de la  Jirama, l’indignation de tous les déçus de l’avènement du parti présidentiel  H.V.M n’attend que  la plus petite étincelle capable de provoquer  la déflagration d’une explosion sociale.

Il y a plus grave, dans les casernes, c’est la grogne. Malgré les déclarations officielles rassurantes des grands responsables, les hommes en treillis n’en peuvent plus. Ils supportent mal l’arrogance de ces chefs que plus rien ne rattachent à leurs troupes excédées de devoir payer cher au sens propre comme au figuré des promotions et des avancements de grade pourtant méritées. Et lorsque par-dessus le marché, les journaux font état d’une quantité très impressionnantes d’armes de guerre et des munitions qui seraient entre les mains de cerveaux mal intentionnés, les simples tremblent jour et nuit sans savoir à qui se fier.

Les tableaux de chasse d’un banditisme urbain sanguinaire sont là pour prouver à ceux qui en doutent encore, qu’il y a un lien de causes à effets entre ces séries d’attaques à main  armée et la circulation illicite de ces instruments de la mort. On peut  dire tout le mal qu’on veut d’un général Rakotomahanina Florens qui fait preuve d’une certaine  détermination de dissuasion préventive dans la gestion de la sécurité publique pour ne  pas avoir à s’occuper d’un  R.O.P. (rétablissement de l’ordre public) tardif sans casse, pas toujours facile.