Le Président a payé ses dettes politiques

Le premier gouvernement de la IV ème république aura duré moins d’un an, le chef de l’Etat a épongé certaines de ses dettes politiques. Vis-à-vis de Kolo Roger par exemple. Dès la nomination du docteur Kolo Roger, 70 ans bien sonnés et 30 années d’absence du territoire national, observateurs et médias ont pressenti lors de sa présentation le 18 avril 2014, non un gouvernement de combat, mais un gouvernement de temporaires exposés à la polémique, pour un coup d’attente à travers le pion Kolo Roger. Echantillonnage.

Intérêts liés ?

Totalement étranger au monde de la politique politicienne de Madagascar, le docteur Kolo Roger est nommé Premier ministre, puis se rajoute le titre de ministre de la Santé. La maladresse est extrême, même pour payer la dette d’avoir permis la candidature de Rajaonarimampianina à la présidsentielle. Les medias ont jeté sur la place publique, ses échecs répétés dans le privé et, surtout, son malgache hésitant voire approximatif. Ses sociétés liées à l’imagerie médicale en Suisse se sont toutes soldées par des échecs. Le problème n’est pas le cumul, mais la suspicion légitime d’être un looser.

Les copains d’abord ?

Roland Ratsiraka, ministre des Travaux publics et Narson Rafidimanana au Commerce. Ils ont toujours été ensemble comme les doigts de la main. Les voilà tous les deux ministres. Le second fut l’adjoint du premier à la mairie de Toamasina. Quand le premier eut des problèmes avec la Justice, le second géra ses affaires, dont l’exportation des letchis. Les intérêts personnels créèrent des lignes de fracture. Narson se servit des fonds présumés de Mamy Ravatomanga pour la cause de Hery et minimisa celle de Rolland. D’où le Commerce et non le Tourisme, échu au troisième ministre du parti MTS de Roland, Benjamina Ramarcel Ramanantsoa, qui, chargé de tous les péchés d’Air Madagascar, quitte les Transports.

Le foot envers et contre tout ?

La pêche miraculeuse. Ahmad aura beaucoup fait pour le football, ou bien servi son clan de la fédé du ballon rond. Ahmad, devenu ministre on ne sait pour quelles mystérieuses raisons politiques, de la Pêche et des Ressources halieutiques, entraine avec lui trois de ses copains de la Fédération malgache du Football (FMF) au gouvernement. André Rakotomamonjy Neypatraiky devient ministre des Postes et des Nouvelles technologies, Reboza Mahaforona Cyrille, joueur de foot réputé, trône au ministère des de la Communication et des Relations avec les institutions, Andriamosaharisoa Jean Anicet, un autre joueur de foot, préside aux destinées de la Jeunesse et des Sports. Les milliards annuels des subventions de la Fifa (Fédération Internationale du Football amateur) ne sont pas perdus pour autant. Ahmad s’accroche à la présidence de la Fédé.

Prix de la trahison ?

Leader des pro-Rajoelina, Maharante Jean de Dieu quitte en premier le navire Mapar qui coule, victime d’irréparables voies d’eau. La politique justifie bien des trahisons. Depuis toujours, il rêvait du ministère de la Justice, il hérite de la Fonction publique, succédant au phénomène Tabera Randriamanantsoa. Reboza Julien, ancien vice-premier ministre, interdit de redoublement, est repêché par la nomination de son frère Reboza Cyrille, ministre de la Communication et des relations avec les institutions. Le népotisme n’est pas une tare en politique. La docteure Juanita Ndahimanjara, redouble comme ministre de l’Eau pour prix d’un reniement. Elle ne se montre plus du tout comme une militante Avi. Un ministère vaut bien Andry Rajoelina ou Norbert Lala Ratsirahonana. Horace Gatien trahit Etienne Hilaire Razafindehibe dont il était le secrétaire général au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Le prix ? Ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle.

Pour services rendus ?

Pierrot Rajaonarivelo, 2% à la présidentielle, interdit de redoublement et grand manœuvrier en politique politicienne, est repêché par deux fois. Il trahit Didier Ratsiraka et l’Arema pour le camp du candidat qui monte en flèche, Hery Rajaonarimampianina. Il redouble aux Affaires étrangères par le biais d’Ulrich Jacques Andriantiana, puis réussit à maintenir le bonhomme comme ministre des Transports sur quota du parti MDM. L’essentiel est de perdurer sur l’échiquier politique. Sauf qu’il quitte le bateau MDM pour se raccrocher sue la bouée HVM. Rolland Jules Etienne, cousin de Francisque Ravony, perd son rêve dynastique de succéder à son cousin, au profit d’un autre médecin, Kolo Roger. Il se rattrape avec le fauteuil de l’Industrie, du développement du secteur privé et des petites et moyennes entreprises. Il ne lui a fallu que se proposer comme candidat de substitution au poulain d’Andry Rajoelina, Hery Rajaonarimampianina.

Mystère de la politique ?

Il se sera fait un nom de son sobriquet, Dadafara. Joseph Martin Randriamampionona, connu par les baffles, et les appareils à décibels de seconde main ou d’occase, se retrouve …à l’Elevage et à la Protection animale. Qu’est-ce qui l’a décidé à se porter comme candidat à la présidentielle ? Quels sont les atomes crochus qui le lient à Hery Rajaonarimampianina ? Mystère et boule de gomme. Le fait est que bien avant que la question du premier ministre ou du gouvernement ne figure à l’ordre du jour, Dadafara était déjà sûr qu’il aura un fauteuil. Aurait-il le don de double vue ou bénéficierait d’un branchement direct avec là-haut ? Le fait est que c’est une personnalité très connue du monde des « jeunes églises », le terme de « sectes » est trop malsonnant. Tous les dimanches que Dieu fait, un déluge de décibels se déverse toute la journée, sur les pauvres citoyens qui vivent à l’ombre de la colline d’Ambohidrapeto. Pétitions adressées au maire, délégation sur délégation vers les responsables de l’église, rien n’y fait.

Encore le bois de rose ?

Le nouveau ministre de l’Environnement et des forêts, Anthelme Ramparany, déclare tout ignorer du document fourni par Jean Omer Beriziky sur les secrets du trafic du bois de rose. Sauf que son nom risque d’y figurer en bonne place. Le député élu à Mananjary est très proche de Jean Pierre Laisoa, un baron du bois de rose élu député dans le triangle du nord. Il vise la présidence de l’Assemblée nationale ! Anthelme Ramparany est le président de la commission d’enquête parlementaire sur le sujet ultra sensible des liens entre la politique et le pillage des richesses nationales. Qui a financé qui et quoi et quelle est l’origine des fonds ?

Les gardiens du temple ?

Des inamovibles, il y en a toujours eu dans tous les régimes. Rivo Rakotovao, ministre d’Etat en charge des infrastructures et de l’Aménagement du territoire, par exemple. Sa force sera d’avoir été un ami de 40 ans de Hery Rajaonarimampianina, pour paraphraser Albert Zafy parlant d’Emmanuel Rakotovahiny, son premier ministre d’alors, furieusement contesté par l’opinion. Rivo et Hery se sont connus sur les bancs de l’université. Le ministre d’Etat a été chargé des grands travaux d’infrastructures, comme les échangeurs ou fly over. Au grand dam de Rolland Ratsiraka qui escomptait de bon droit, gérer les milliards de financement des marchés, comme ministre des Tavaux publics. Ceci étant, l’on s’étonne de l’absence d’appels d’offres et une loi des finances particulièrement muette sur la question des grands travaux des projets présidentiels. Qui finance quoi et combien ? Le secret est total. Jean Razafindravonona, ministre des Finances et du Budget. Il succède à Hery Rajaonarimampianina et rien de ce qui concerne la gestion financière du pays ne lui échappe. Gardien du temple et des secrets, il a encore des beaux jours devant lui. Comme Kolo Roger ? A SUIVRE…