QMM épinglé par des écologistes

riotinto

Prévue pour une durée de 40 ans, l’exploitation d’ilménite à Madagascar par le groupe Rio Tinto est gérée à Fort Dauphin par sa filiale Qit Madagascar Minerals (QMM). Face aux 80% du capital de QMM détenus par Rio Tinto, l’État malgache possède les 20% restant. Cette part engage ce dernier à la protection de la population et les surfaces de terre touchées directement par cette exploitation.

QMM a par ailleurs initié un programme de protection environnementale, une obligation inscrite dans la Loi sur les grandes industries minières (LGIM) à Madagascar. Dans son programme environnemental (PE) conçu en collaboration avec l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), QMM a inscrit que 1.700 hectares de forêt subiront pendant 40 ans les impacts de son projet, qui a débuté en 2008.En contrepartie, la société s’est engagée à protéger 6.000 hectares d’écosystème forestiers sélectionnés avec l’Etat et l’UICN. Cette action est sensée apporter un « impact positif net » par rapport aux activités de QMM. Un financement a par ailleurs été assuré par le gouvernement dans cette opération au titre de protection des aires protégés.

Deux ONG internationales ne voient pourtant pas cette action comme une vraie compensation. Après enquête, le World Rainforest Movement (WRM) et Re:Common ont conclu que l’interdiction d’accès à l’aire protégé de Tsitongambarika, concerné directement par les opérations de QMM, accentue la précarité de la vie des populations environnantes. Ces personnes vivent depuis des décennies des cultures vivrières entourant ces forêts. L’interdiction d’accès signifie directement pour eux déplacement forcé vers d’autres endroits où ils seront obligés de tout recommencer : s’implanter, planter et attendre les prochaines récoltes.

Pire l’UICN revient elle aussi sur cette action en dénonçant un risque de pénalisation des populations vulnérables qui habitent ces forêts protégées. L’UICN n’a pas hésité à évoquer un aveu de non réalisations des enjeux inscrits dans le PE de QMM.

En guise de réponse, QMM précise que, même en l’absence d’extraction minière, les forêts littorales auraient été détruites par les activités des populations locales.

Le sujet est complexe car il est difficile de calculer de manière précise le taux réel de destruction de forêts avant et après la mise en place du système de compensation provenant des grandes exploitations minières.