Un squelette d’un mammifère découvert à Madagascar pourrait percer les mystères de l’évolution de notre espèce

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L’existence de Vintana Sertichi remonte à l’époque où Madagascar faisait encore partie du Gondwana. Cet animal est presque inconnu du monde en ce moment.

Rien ne présageait ce que cette équipe de chercheurs Américains allait trouver dans la Grande Ile. Un squelette « presque complet » d’un mammifère a été amené par accident avec ce qu’ils estiment être des fossiles de poissons, qui étaient l’objet premier de leur recherche. C’était en 2010, sur la côte occidentale de Madagascar que l’équipe dirigée par David Krause, un paléontologue du Stony Brook University (New York), a découvert ce squelette dans une formation rocheuse.

Après l’avoir scanné, les chercheurs ont découvert qu’il ne s’agissait pas de squelettes de poissons. « Nous n’avions aucune idée de ce que c’était à l’époque », affirme David Krause. D’autant plus que, jusque-là, les dents et les fragments de la mâchoire inférieure ont été les seuls éléments concrets qui prouvent l’existence de cette créature.

À la rencontre de Vintana Sertichi

Les années d’études ont révélé que le squelette appartenait à Gondwanatheria, une espèce de mammifère aujourd’hui éteinte. « Les Gondwanatheria étaient complètement inconnus il y 30 ans », expose David Krause. Lui et son équipe ont nommé l’animal Vintana Serchiti. Un nom tiré de la combinaison du mot malgache « Vintana » qui veut dire chance et le nom Joe Sertich, le chercheur qui l’a découvert.

Vintana Sertichi est un mammifère ayant vécu à l’époque du Crétacé. Il vivait dans l’hémisphère sud il y a plus de 66 millions d’années. Selon leur étude, l’animal devait peser autour de 9 kg. Son anatomie crâno-faciale a permis de savoir que Vintana Sertichi était herbivore et avait de gros yeux. Il était doté d’une grande agilité, d’une ouïe et d’un sens olfactif très développés.

Valeur scientifique

Vintana Sertichi n’a pas encore délivré tous ses secrets. Son mode de vie et de procréation, par exemple, relèvent encore des interrogations. L’étude publiée sur le site spécialisé Nature la semaine dernière a été acclamée par les scientifiques car elle pourrait donner des réponses importantes sur des questionnements portant sur l’évolution de l’espèce en qualifiant l’étude de « mosaïque remarquable ».

Parmi la quinzaine de scientifiques à qui on a attribué cette découverte, on retrouve Lydia J. Rahantarison, du département de Géologie et Haingoson Andriamialison, du département de Paléonthologie, tous deux de l’Université d’Antananarivo.