Une possible commission internationale d’enquête sur les bavures d’Ankatso

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La fédération internationale des ligues des droits de l’homme (Fidh) ne croit pas trop aux dires du Secrétaire d’Etat à la Gendarmerie (Seg) lorsqu’elle parle d’ouverture d’une enquête concernant les bavures des forces de l’ordre lors des manifestations estudiantines d’Ankatso. Elle veut en effet que les autorités diligentent au plus vite des enquêtes crédibles et transparentes pour que de telles violations des droits humains ne se reproduisent pas et que l’impunité des forces de l’ordre ne se pérennise pas. Autrement elle demandera la mise en place d’une commission internationale d’enquête.

Dismas Kitenge, le Vice-président de la Fidh dans une récente déclaration est revenu sur les évènements d’Ankatso ainsi que sur les « allégations » d’exécutions sommaires perpétrées par l’armée. Il a déclaré qu’au cours des dernières semaines, des éléments de la gendarmerie ont fait preuve d’un usage disproportionné de la force tandis que l’armée se serait rendue responsable de crimes graves à l’encontre de la population civile. Lui de poursuivre « le tabassage d’un étudiant à Antananarivo et les allégations d’exécutions sommaires au sud du pays, témoignent des graves défaillances dans la gestion et des dérives des forces de sécurité malgaches. Les autorités du pays doivent faire preuve d’une grande fermeté à l’égard des présumés responsables de ces actes et diligenter au plus vite des enquêtes crédibles et transparentes pour que de telles violations des droits humains ne se reproduisent pas et que l’impunité des forces de l’ordre ne se pérennise pas ».

« L’enquête est en cours »

La Fidh veut ainsi des enquêtes. Pourtant, à en croire le Chef de l’Etat-major Général de la Gendarmerie, le Général Lumène Fidèle Rasolofo, des enquêtes sont déjà en cours après que le Seg, le Général Didier Paza, en ait donné l’ordre. Ce haut responsable de la Gendarmerie, en exclusivité, nous a expliqué qu’il y a en ce moment deux enquêtes en parallèle, une enquête administrative et une enquête judicaire. « Pour le moment, on est soumis au secret de l’enquête, mais je peux vous assurer que les responsables seront traduits en justice si les résultats font état d’acte répréhensible » a-t-il dit.

Ainsi donc, pour ce qui est de l’affaire Jean Pierre Randrianamboarina, le Chef de l’Etat-major Général de la Gendarmerie, contrairement au Général Florens Rakotomahanina, n’émet aucune fausse note. Ce Commandant de la Gendarmerie pour la circonscription d’Antananarivo pour rappel, ne veut pas d’enquête pour préserver la cohésion de ses troupes. Pour lui, c’est la solidarité du corps qui devrait primer.

Un allié inattendu pour Mara Niarisy

Après ces déclarations de la Fidh, le député d’Ankazoabo Mara Niarisy a trouvé un allié inespéré. Il a accusé les forces de l’ordre d’exécution sommaire de civils dans l’opération « Fahalemana », tandis que du côté des hommes en béret, ce député d’Ankazoabo serait impliqué dans des vols de bœufs. Et bien apparemment, c’est la voix de Mara Niarisy qui fait le plus écho. Elle a été portée jusque hors de nos frontière ; la fédération internationale des ligues des droits de l’homme (Fidh), se basant sur de simples « allégations » appui la thèse de l’exécution sommaire. Chose qui met néanmoins l’armée dans une position difficile. La Fidh veut une Commission internationale d’enquête.

La Fidh parle à travers de son antenne local, la Confédération Nationale des Plates-formes des Droits de l’Homme (Cnpfdh-Madagascar). Et bien d’après le coordinateur de la Cnpfdh-Madagascar Andrianirainy Rasamoely : « (…) de plus en plus d’exécutions sommaires de civils seraient perpétrées par les forces armées malgaches dans le cadre de l’opération Fahalemana. Ces allégations sont d’une extrême gravité et devraient pousser les principaux partenaires de Madagascar à tirer la sonnette d’alarme. Si les présumés responsables ne sont pas traduits en justice, une Commission internationale d’enquête devrait également être mise en place pour faire la lumière sur ces actes, et le cas échéant, l’Union africaine, l’Union Européenne, l’Organisation Internationale de la Francophonie, le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale, le Système des Nations Unies et les autres partenaires de Madagascar devront prendre des mesures pour faire respecter les libertés et les droits fondamentaux du peuple malgache. » A défaut du gouvernement donc.