Une réforme est possible pour la classe politique

Hery Rajaonarimampianina

Trop de démocratie tue la démocratie. C’est connu et ce que le pays a vécu depuis des dizaines d’années en serait la plus belle des preuves. Au dernier recensement, Madagascar comptait quelques trois cents partis politiques avant les présidentielles de 2013. Plus que les nombres des ex-provinces (6), des « foko » (ethnies) (18), des régions (22), des districts, … c’est selon les affinités de chacun. A l’allure ou ça allait, chaque « fokontany » (quartiers) aurait pu avoir le leur. Maintenir ce rythme provoquerait tôt ou tard une implosion d’envergure ou une désaffection totale des électeurs et réduirait notre « civilisation » au néant.

Faire machine arrière serait-il envisageable ? D’autres voies seraient-elles les bienvenues ? Voici sept points récurrents qui reviennent au centre des débats politiques

1-/ Il serait plus judicieux de réduire le nombre des partis à un maximum de trois à cinq, ou deux, selon le modèle de démocratie ou de gouvernance choisi.

2-/ La politique est un métier qui appartient au politicien, comme la médecine au médecin. Il serait logique de ne pas la confier à un indépendant qui cherche à passer outre l’éducation citoyenne et celle politique d’un parti dont c’est un devoir primordial. De surcroit, ce dernier sert de filtre de par les critères qu’il aurait choisis aux fins d’éviter des candidatures burlesques à toutes les élections.

3-/ La candidature des membres d’un parti à une élection officielle ou une nomination administrative doit impérativement être parrainée par la majorité absolue ou relative de l’ensemble des membres. Une élection primaire doit être organisée au sein d’un parti pour désigner ses représentants officiels,

4-/ Tous les membres d’un parti sans exception sont liés par un mandat impératif. La non observation de cette règle condamnera un membre à une suspension de ses activités pour un temps au sein du parti ou à une exclusion définitive qui le condamnerait à une interdiction pour un temps (ex : cinq ans) de toute activité politique du pays. La démission d’un membre l’exposerait à une interdiction d’adhérer à un autre parti au moins jusqu’après les prochaines élections nationales du pays,

5-/ La candidature aux grandes élections présidentielles, sénatoriales, législatives, ou communales doit être parrainée par des nombres significatifs de grands électeurs,

6-/ Le premier ministre sera issu du parti majoritaire, et non du groupe parlementaire au sein de l’Assemblée nationale après un contrôle de légalité de la Haute Cour Constitutionnelle et enfin la nomination du président de la république. Le mandat des parlementaires de Madagascar est aussi impératif,

7-/ Le train de vie de nos dirigeants doit être révisé à la baisse. Deux raisons majeures nous imposent ce choix :

– Alléger de façon drastique les charges du trésor public. C’est aussi l’occasion unique de réduire le fossé qui sépare le niveau de vie de la masse laborieuse aux grands fonctionnaires de l’état,

– Pour que les fonctions publiques ne soient pas confondues à un vulgaire métier source de richesse, et/ou une solution pour résorber le chômage. Les hauts emplois de l’état sont un véritable sacerdoce et cela devrait se refléter à l’image extérieure que donnent nos « mpiasam-bahoaka » (serviteurs du peuple).